Impact écologique
Avec l’impact sur la sécurité, l’impact écologique est sans nul doute l’apport essentiel de l’État Soleil, car gaspiller de l’énergie signifiera à l’avenir que l’on « jette l’argent par les fenêtres » amputant d’autant la compétitivité des entreprises sur le marché. Il va donc être nécessaire que tous les gouvernements se réunissent sous l’égide des Nations Unies pour établir quelque chose qui ressemble à un avenant radical et étendu au Protocole de Kyoto.
L’apport manifeste et dramatique de l’ECU concerne la vie des océans, des forêts et des terres exploitables dans le monde entier. D’abord, la notion « d’eaux territoriales » va disparaître puisque la totalité des mers et des océans va être déclarée « zone territoriale de l’ONU ». Par conséquent, il sera possible d’invoquer la « Cause publique » pour la pêche maritime ainsi que pour l’exploitation agricole et forestière sous toutes ses formes. Cela aura pour effet que toutes les personnes travaillant dans ces secteurs seront payées exclusivement en argent Soleil par l’État, indépendamment de leur rendement, car le but recherché et de faire respecter les quota et la protection des espèces menacées. Pourquoi ne payerait-on pas des gens pour élever des poissons dans de vastes bassins d’eau marine ? Par conséquent, l’accent sera mis sur la pisciculture à grande échelle dans les zones côtières. Il en va de même de l’agriculture, même industrielle, qui va privilégier les méthodes de culture biologiques. Un retour à l’assolement et une réduction massive des pesticides devrait réduire la pollution de la nappe phréatique et de la chaîne alimentaire. Dans la foulée, il sera permis de renoncer dans la mesure du possible aux OGM, sauf dans le cas précis de plantes industrielles destinées à fabriquer des produits industriels ou du carburant par exemple, et là encore dans des régions clairement délimitées ne menaçant pas les autres cultures. Un contrôle sans faille de ces activités à l’aide de satellites à l’échelle planétaire, par exemple, devrait permettre de sauver la vie des océans et de notre agriculture en train d’empoisonner la nappe phréatique et la santé publique.
D’un point de vue fondamental l’ECU, qui produit l’argent sans travail préalable, va permettre de débloquer des sommes gigantesques qui ne devront pas passer par le travail de machines polluantes. Le capitalisme prédateur est d’autant plus nuisible qu’il comptabilise l’énergie à son seul prix de revient, le plus bas possible. Il peut donc en consommer beaucoup et polluer d’autant plus l’atmosphère. L’énergie provenant d’expéditions militaires de pillage ne coûtant rien et cette énergie n’ayant qu’un rôle limité dans la formation des prix, il est possible de gaspiller l’énergie sans se soucier de l’environnement. Telle est du moins la philosophie du capitalisme prédateur.
Il va ainsi devenir pratiquement impossible d’organiser des voyages aériens en masse à des « prix sacrifiés ». A l’avenir, la valeur du kérosène utilisée entrera en totalité dans la valeur ajoutée. L’ardoise risque d’être si lourde que les voyages en avion vont devenir un luxe inabordable pour le grand public. Il est possible de revenir ici aux astronefs à hélium, équipés de moteurs électriques à énergie solaire pour organiser des transports aériens à longue distance sans polluer l’environnement. Tout n’est qu’une question de politique.
Les impôts et l’intérêt de l’argent étant supprimés, c’est autant d’argent qui ne devra pas être généré par le travail polluant des machines. La totalité de l’argent Soleil étant produite sans aucune pollution de l’environnement, le travail des machines va se limiter à fabriquer les produits de construction, de consommation et de première nécessité. Ici, il est possible de privilégier les énergies renouvelables ou non polluantes comme l’énergie géothermique, tellurique, éolienne, solaire passive, photovoltaïque, de rayonnement, biologique, végétale, marémotrice, maréthermique, osmotique, hydraulique, les piles à hydrogène obtenu par hydrolyse, et bien entendu nucléaire. Cette dernière n’en étant qu’à ses balbutiements, il ne fait nul doute que les centrales seront de plus en plus propres et performantes puisque les déchets pourront être neutralisés. Une politique écologique sérieuse ne peut donc pas renoncer aux différentes énergies nucléaires.
La nouvelle théorie de la valeur ajoutée de l’ECU, puisée directement dans le Soleil, va permettre d’épargner l’énergie nécessaire pour seulement payer la force de travail des êtres humains. Cela représente des milliards de barils de pétrole chaque année. A l’occasion, les pays producteurs de pétrole pourront réduire le débit de leurs robinets pour enrayer la pollution et le réchauffement de l’atmosphère. Ils pourront dès lors investir leurs bénéfices dans l’énergie solaire qu’ils ont en quantité illimitée au-dessus de leur tête. L’industrie des piles à hydrogène devrait donc prendre rapidement la relève du pétrole, dès lors réservé à l’industrie des matières plastiques et à la production de produits recyclables. L’industrie automobile emboîtera le pas avec les moteurs hybrides et à hydrogène.
Sans vouloir entraver les efforts de recherche liés au projet de fusion nucléaire ITER sur le site de Cadarache, il ne faut pas s’attendre à ce que ces centrales produisent une énergie bon marché en qualité illimitée avant un siècle. Il se peut que ce siècle soit de trop. Si nous voulons nous émanciper du pétrole, la seule solution rapide et fiable est de coopérer avec les régions qui ont du soleil à revendre au-dessus de leur tête sous forme d’énergie photovoltaïque et de carburant pour piles à hydrogène obtenu par hydrolyse.
Les premiers concernés par la limitation du gaspillage sont les avions, qui seront remplacés par des bâtiments maritimes plus légers et rapides que ceux que nous connaissons, et les transports routiers devront plus souvent recourir au ferroutage. L’ECU va donc contraindre l’économie à mettre un terme au gaspillage. Tous les efforts cumulés peuvent réduire la pollution dans des proportions considérables tout en assurant le plein emploi puisque la délocalisation va devenir impossible. La paix revenant et l’industrie militaire réduisant son activité, la pollution devrait diminuer de ce côté-là également.
Il va bien falloir imaginer des cargos sous-marins géants à propulsion nucléaire pour transporter de lourdes charges, car l’énergie nucléaire est moins polluante que celle provenant du pétrole. De toutes façons, « l’après pétrole » pointe à l’horizon puisque notre civilisation désinvolte et irresponsable entend volatiliser au mépris des futures générations toutes les ressources pétrolières de la planète, la réchauffant et engendrant des cyclones de plus en plus dévastateurs, que bientôt plus aucune économie ne pourra financer.
Nous allons devoir restructurer des complexes industriels entièrement nouveaux à l’échelle régionale où seront regroupées toutes les activités industrielles et artisanales appartenant à un même secteur pour réduire au maximum les transports entre les unités de production, qui pourront être confiés au rail. Autant de nouveaux emplois en vue. Tout incite à croire que l’ère du gigantisme industriel appartient au passé puisque la valeur ajoutée machine va être comptabilisée à part entière dans les prix en termes d’énergie.
Une législation plus sévère prévoyant l’aménagement des bâtiments ne répondant plus aux normes écologiques sur le plan de l’isolation thermique devra inciter à tout mettre en œuvre pour économiser l’énergie en réduisant au maximum les pertes par radiation.
Toute la protection de l’environnement va désormais se réduire à une économie massive de la consommation du pétrole au profit du nucléaire, du solaire et de l’énergie éolienne.